CONVERSATION A UNE VOIX
Pouvoir recueillir les histoires d'antan, celles
qui sont importantes, celles que je garde comme un patrimoine.
Voilà que les oiseaux du passé, se sont envolés. Ma vie est meilleure
aujourd'hui. Je ne regarde que devant, un devant plus clair, plus
épuré, plus serein !
Qu'est-ce que tu racontes ma fille ? Tu vas vers la vieillesse et
la mort ! Et personne n'a dit que c'était agréable.
Possible ! Je vais mieux que mon passé. Je suis la femme qui marche,
qui découvre toujours de nouvelles pierres sous ses pas. Qui cherche
- En trébuchant - en se relevant - A s'émerveiller ? Je rêve d'un
port, de racines, et je ne fais que déambuler, rôder et rire - Le
goût de l'aventure a pris le dessus. Ballottée de-ci de-là, ma vie
ne laisse pas de trace.
Si elle pouvait se laisser raconter ? Je veux des alliances solides,
et profondes.
Mon sens de l'harmonie, me fait asseoir aux cotés de ces immenses
Bouddhas, qui imperturbables en souriant, contemplent sereinement
l'existence.
Il n'y a pas de passé, que des anecdotes, et une tendresse infinie
pour les autres. Vivre au présent, aimer, parler de tout et de rien,
ne pas être engluée par cette souffrance qui colle à la peau, ne
pas ressentir cette obscurité fondamentale.
Elle fait si peur, que le cerveau se fige d'impuissance. Je n'aime
pas parler des démons.
Je pense aux plages, à l'amour. A une existence paisible, Et quand
le diable enfin vaincu, extirpé de sa racine, s'en va clopinant,
ne trouvant plus de masque à emprunter - Je suis vivante !
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