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LE PAS DU SOLITAIRE
Ils courent, ils courent, et la solitude
les rattrape. Le pas du solitaire frappe le sol comme une vieille
canne
- d'un bruit sec. Il réveille les personnes égarées -
chacun à son approche retrouve son mode de fonctionnement - Il est
la lumière vivante que l'on porte en soi -
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Manolo l'insoumis vit seul ! La mort, cette fatale destinée, le
presse d'agir !
Il va. Dans la jungle urbaine, il voyage à l'ombre de lui- même.
Il songe à ce petit moi - nourri d'illusions - d'erreurs - de malheurs
- ce moi nu ridicule - émouvant - unique - Des pensées noires de
violences absurdes, le saisissent.
Pris dans la spirale de la mélancolie, son cœur s'essouffle. Au
petit matin, il devient autre.
Un autre qui, enfin serein et clément, se lève à l'aube - fouille
et farfouille - chasseur d'âme, attentif, aux infimes traces de
sensibilité qui s'échappent furtivement du carcan des lois normatives,
il réaffirme sans cesse, avec excès, son besoin absolu de sincérité.
il jongle, se débat, joue, et survie. Ses mots d'ordre sont, dérision,
liberté. Un homme est né, jeté sur le bitume.
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