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A
l'horizon, perdus dans l'immensité désertiques, des oasis dorment
sous les étoiles, et scintillent comme des diamants tombées du ciel.
Le pas du solitaire frappe le sol.
Il l'entend s'éloigner et disparaître au détour d'une ruelle. La
splendeur de l'univers devient palpable et le sort de sa torpeur.
Il se jette hors du caniveau des songes et sauve sa peau. Mona Godass
a peur, elle ne sait où aller. Elle ouvre la porte - Elle ferme
la porte - Mais bon sang que se passe-t-il ?
Cette sacrée planète va lui sauter a la face. Mona cherche une maison,
un oasis pour s'abriter.
Elle prend un plan, ne s'y retrouve pas ! De son doigt qui marche
avec le fleuve, elle suit le tracé d'une longue rue, lovée, comme
un petit serpent, au cœur du vieux quartier.
C'est là qu'elle veut vivre
- dans cette partie de la ville à bout de souffle, brinquebalante,
et bohême, perdue dans le labyrinthe de ruelles étroites, aux chaussées
défoncées - là où circulent, et vivent ensemble, une concentration
d'artisans - en exil - clandestins - illégitimes - innommables et
indésirables.
Créateurs, émigrés, ou pauvres, ils sont tous liés par l'aveu navré
de leur revancharde impuissance. La poubelle de la ville aurait
dit sa mère en se pinçant le nez. Christ, Allah, Bouddhas et démons,
veillent sur ce petit monde hétéroclite.
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